Compréhension et traitement psychologique des inhibitions

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(0) 03/03/2017 11:50h
Compréhension et traitement psychologique des inhibitions

L’inhibition s’exprime de très nombreuses manières. Elle est probablement l’un des symptômes cliniques les plus communs vus par les psychologues, ainsi que l’une des limitations les plus fréquentes avec laquelle des individus, qui se pensent relativement affranchis de difficultés, vivent à leur insu.
 
Elle consiste en une impossibilité d’exprimer librement un désir ou une capacité ; l’individu s’en trouve diminué et ne peut pas s’épanouir. Cela comporte généralement une limitation importante du plaisir qui peut être pris à vivre.
 
L’inhibition se manifeste souvent dans la sexualité, l’annulant parfois entièrement, ainsi que dans la peur d’affronter les conflits, laissant la personne sans défense. Il n’est pas rare que l’intellect, l’attention et la mémoire se trouvent entravés par l’inhibition, faisant ainsi obstacle au développement scolaire et professionnel.
 
Elle est parfois liée à la nourriture, réduisant drastiquement la possibilité de s’alimenter ; elle peut apparaître aux moments de prendre la parole en public, rendant le sujet silencieux ou confus ; et elle est bien connue chez les sportifs, qui se trouvent soudainement incapables de concourir… La liste est potentiellement interminable.
 
D’où vient-elle, alors ?   

Sources de l'inhibition

L’inhibition est le résultat d’une prohibition inconsciente qui émane de la partie de la personnalité chargée de maintenir l’équilibre moral (le bien et le mal) de l’individu, ainsi que de son amour-propre. 

Cette partie frappe d’interdit l’expression d’une motion pulsionnelle (un désir) ou d’une compétence de l’individu, car : elles sont associées inconsciemment à quelque chose de mal, moralement, ou elles risquent d’exposer l’amour-propre de l’individu à une blessure ; et parfois, les deux en même temps.

Exemple d'une inhibition liée à une prohibition morale

Une femme se trouve incapable de répondre aux conflits banals et habituels de la vie quotidienne ; réduite à une passivité docile, elle ne peut pas se défendre quand on la bouscule dans le métro, quand on abuse de sa bonne volonté au travail, quand on empiète sur son terrain… Son agressivité –pulsion naturelle et nécessaire à tout être humain– est inhibée, lui dérobant sa force, son initiative et sa capacité de réaction. Bien qu’elle soit frustrée pas cela, elle sent qu’elle n’a pas d’autre option que de se mettre en retrait, être accommodante, et éviter toute tension potentielle.

Que se passe-t-il en son intérieur ? Il est possible qu’au niveau inconscient, l’expression de l’agressivité soit si étroitement associée à des fantasmes destructifs qu’elle ne puisse exprimer la moindre hostilité sans avoir peur de déchaîner quelque chose de dévastateur. S’affirmer, prendre les devants, dire non, seraient vécus inconsciemment par elle, indépendamment de leur réalité bénigne, comme étant susceptibles d’avoir des conséquences dramatiques et moralement inadmissibles. Toute émotion qui pourrait être liée associativement à une idée de force, de vigueur ou de colère devient immédiatement dangereuse, d’où l’installation de l’inhibition pour s’en protéger. 

Exemple d'une inhibition liée à une blessure de l'amour propre

Un homme ne peut s’empêcher d’être dans le contrôle permanent de sa personne : ses paroles, ses gestes et même les pensées qu’il permet d’affleurer dans son esprit passent par un filtre rigoureux qui réduit ce qu’il peut exprimer à un minimum fortement encadré. Dépourvu de spontanéité, cet individu se comporte de manière presque stéréotypée et automatique, la seule manière qu’il considère acceptable. Il peine à profiter d’une gaité légère, d’une opportunité imprévue et de l’humour. La capacité de rire de soi-même, libératrice pour la plupart des personnes, lui est pratiquement inaccessible.

Comment comprendre une telle limitation ? L’expérience démontre qu’elle est souvent le résultat d’un idéal de soi-même inconscient et intransigeant qui tyrannise l’individu en l’obligeant à essayer d’atteindre une image absolue impossible. Image d’une perfection déshumanisée, telle une statue en marbre, elle exige qu’aucune faiblesse, qu’aucune faille ne s’expriment car elles seraient vécues comme des déceptions cuisantes et humiliantes. Ceci comporte un dilemme douloureux pour l’individu qui en souffre : afin de pouvoir s’aimer, il est obligé d’essayer de s’approcher de cette perfection, mais pour atteindre cette perfection il doit renoncer à son humanité et au plaisir. 

Traitement de l'inhibition

Le traitement de l’inhibition passe par un travail approfondi sur les exigences excessives et sur les prohibitions internes visant à adoucir leur rigueur et à permettre une perlaboration plus large des désirs du sujet. En fonction toutefois de la structure de la personnalité qui les abrite, les inhibitions pures ont souvent un bon pronostique thérapeutique.

Le traitement a pour objectif l’affranchissement interne, soit permettre à l’individu de se sentir libre de s’exprimer dans toute sa complexité, souvent bien plus importante de ce qu’il imaginait, et de profiter pleinement de ses propres capacités et désirs.

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Psychanalyse à Madrid, Psychologue à Madrid

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