
La psychologie, la psychothérapie et la psychanalyse sont des disciplines qui suscitent de nombreuses questions. Vous trouverez, ci-dessous, une petite liste des plus communes.
Avant qu'un traitement psychothérapeutique puisse s'entreprendre il est nécessaire d'arriver à un diagnostique exact ; pour cela entre trois et cinq entretiens d'évaluation et de diagnostique s'effectuent, avec quelques variations individuelles, de la manière suivante.
Le premier entretien est une prise de contact pour que le patient puisse exprimer les raisons qui le mènent à consulter, les symptômes actuels, l'évolution de ceux-ci et les questions qu'il pourrait avoir.
Dans les suivants entretiens le psychologue demandera au patient de parler le plus spontanément possible de sa vie, de son histoire familiale, de son enfance et adolescence, des relations importantes, des événements qui lui ont marquées, de son concept de soi-même, de ses aspirations pour l'avenir et de ses attentes. L'activité onirique sera également explorée, ainsi que les maladies organiques éventuelles, et les traitements médicamenteux, s'il en prend.
Ce matériel fournira au thérapeute une information essentielle pour qu'il puisse arriver à un diagnostique et le processus des entretiens donnera au patient l’occasion de déterminer si le thérapeute lui convient et s’il peut envisager de travailler avec lui.
Dans le dernier entretien, le thérapeute communiquera au patient ses impressions diagnostiques et lui indiquera quelle modalité de traitement (voir Psychothérapie et Psychanalyse) est la plus adéquate pour sa situation.
Il faut, pour répondre à cette question, considérer deux niveaux différents : le mental et le neurologique.
Au niveau mental, on observe qu’à mesure que les patients acquièrent une profonde connaissance émotionnelle d’eux-mêmes, ils disposent d’autant plus d’outils mentaux pour modifier leur façon d’être, de ressentir et d'agir et améliorer ainsi leur qualité de vie. Se connaître soi-même permet de se libérer des modèles de conduite stériles, de résorber des réactions symptomatiques chroniques, de découvrir de nouveaux potentiels, de satisfaire ses besoins profonds et de savoir protéger ses aspects les plus vulnérables.
Au niveau neurologique, de récentes recherches en neuropsychiatrie ont utilisé les techniques de scanner et d’imagerie par résonnance magnétique (IRM) pour démontrer que la structure synaptique, la densité de certains faisceaux de neurones et la prévalence de neuromédiateurs spécifiques dans le cerveau évoluent au cours d’une psychothérapie. Ces résultats ne sont pas surprenants, puisque le mental n’est pas une abstraction immatérielle séparée du corps, mais bel et bien le résultat d’une interaction extraordinairement complexe entre les parties physiques du cerveau.
On ne connaît pas encore les mécanismes exacts qui interviennent entre le processus de connaissance de soi de la psychothérapie et les changements structurels dans l'architecture interne du cerveau, mais les données empiriques prouvent l’existence de cette relation. Les progrès de la recherche nous permettront d’en savoir plus.
Le cadre rassemble toutes les variables du contexte formel dans lequel se déroulera le traitement : horaires, fréquence et durée des séances, honoraires et mode de règlement, et dates d’interruption pour les vacances. La stabilité et la constance du cadre ont non seulement une fonction organisationnelle, mais elles sont aussi essentielles au développement satisfaisant du traitement.
Bien que l’analogie ne soit pas parfaite, citons une situation familière qui illustre clairement cette fonction thérapeutique : quand un médecin prescrit un antibiotique pour combattre une infection, il indique au patient de le prendre à des heures déterminées pour maintenir la concentration thérapeutique de l’antibiotique dans le sang afin qu’il combatte efficacement l’agent pathogène. Bien entendu, il n’existe aucun agent pathogène proprement dit dans l’esprit, mais il est essentiel de préserver la même concentration du travail thérapeutique dans l’esprit du patient pour qu’il puisse agir efficacement.
Il existe une autre raison supplémentaire indiquant le maintien de la stabilité du cadre. Le cadre fonctionne comme un élément invariable à partir duquel les variables de la vie du patient peuvent être observées, puis comprises. Si le cadre, lui aussi, varie, il devient beaucoup plus difficile de distinguer la cause des événements intervenus dans la vie du patient.
Une psychothérapie peut avoir lieu une, deux, trois, quatre ou cinq fois par semaine. À mesure que la fréquence hebdomadaire augmente, on assiste à une augmentation parallèle de l’intensité, de la précision et de la profondeur du travail, ainsi qu’à une accélération du processus thérapeutique.
Pour certains patients dont le niveau d’affect est déjà très élevé, ou pour des patients à haut risque de décompensations somatiques, une fréquence de séances hebdomadaires élevée est contre-indiquée, mais en général, la psychothérapie fonctionne comme toute autre discipline : plus on travaille, plus on a de chances d’obtenir des résultats durables et profonds.
Le divan peut constituer un instrument de travail utile pour offrir une plus grande liberté au patient adulte d’entrer en contact avec lui-même sans dépendre de la personne réelle du thérapeute. Le divan partage avec la fréquence élevée des séances hebdomadaires la fonction d’intensifier, de nuancer et d’approfondir le travail, car il permet au patient une exploration beaucoup plus personnelle sans être distrait par le thérapeute et ses gestes. En général, la fréquence adaptée pour travailler sur le divan doit se situer entre deux et cinq séances hebdomadaires.
Cependant, le travail sur le divan n’est pas toujours indiqué, d’une part pour les mêmes raisons qu’une fréquence hebdomadaire élevée ne l’est pas, ou d’autre part, chez les patients pour qui l’absence de l’interlocuteur de leur champ visuel est trop perturbante. Dans ces cas-là, il sera plus bénéfique au patient de voir le thérapeute et d’être assis face à lui. Le travail en face à face peut avoir lieu entre une et cinq fois par semaine.
Le développement des psychotropes, dans les années cinquante, marqua un progrès gigantesque dans la psychiatrie, en permettant à de nombreux patients de profiter de nouveau d’une qualité de vie acceptable. La recherche a depuis considérablement évolué dans ce domaine, et les nouvelles générations de médicaments sont plus efficaces et présentent moins d’effets secondaires.
Les psychotropes agissent au niveau de la chimie cérébrale, en modifiant l’intensité, la fréquence de transmission, et l’interaction des neuromédiateurs de façon à améliorer l’état affectif du patient. Ils restent le remède le plus rapide pour atténuer l’intensité des symptômes, mais ils n’ont cependant pas d’effets durables à long terme. S’ils représentent l’unique traitement thérapeutique du patient, il est probable que les symptômes reviennent, inchangés, dès l’interruption de la prise de psychotropes. Sauf exceptions très spécifiques, tout traitement médicamenteux doit venir appuyer une psychothérapie ayant pour objectif la réalisation de changements durables, sur le long terme.
L’utilisation de médicaments est indiquée dans les cas où l’intensité des symptômes empêche le patient d’assurer ses obligations, comme par exemple son activité professionnelle ou sa vie familiale. Les psychiatres et les psychologues peuvent évaluer le besoin de traitement médicamenteux, mais seuls les psychiatres peuvent le prescrire. Si un psychologue considère qu’un traitement médicamenteux est indiqué, il dirigera le patient vers un psychiatre. On tentera toujours de restreindre et de limiter dans le temps la prise de médicaments, jusqu'à ce que le patient se trouve en état de prendre sa vie en charge sans eux.
La recherche actuelle sur des jumeaux monozygotes séparés à la naissance suggère que la réponse réside dans une interaction extrêmement complexe entre certains facteurs d’ordre organique, d’ordre génétique ou épigénétique, et l’environnement. On constate que les problèmes émotionnels importants apparaissent plus facilement s’il existe une certaine prédisposition pour cette pathologie. Une prédisposition n’est pas déterminante, le développement pathologique n’a lieu que si elle s’associe à un environnement peu favorable.
L’objectif d’une psychothérapie psychanalytique ne se limite pas seulement à l’amélioration symptomatique. En effet, elle englobe aussi la consolidation, dans le psychisme du patient, de ressources solides lui permettant de mener une vie satisfaisante, d’y trouver un sens et d’aborder à long terme les moments de difficulté, d’origine interne ou externe, sans aide thérapeutique.
Ces ressources regroupent, de façon non exhaustive, la capacité d’établir des relations satisfaisantes, un usage plus efficace de son propre potentiel, le maintien d’une estime de soi réaliste, la tolérance d’une plus grande gamme d’affects, une compréhension de soi et des autres plus nuancée et précise, et, bien entendu, une appréhension plus libre et souple des défis de la vie.
L’esprit humain comptant parmi les sujets d’étude les plus complexes et idiosyncrasiques qui soient, son exploration appliquée ne saurait être rapide. Le temps nécessaire à se comprendre, à déchiffrer la provenance de ses troubles émotionnels, à reconnaître les modèles de relation contre-évolutifs et à opérer les changements nécessaires s’étend souvent sur plusieurs années.
La psychothérapie, pour les adultes, s’achève quand le patient et le thérapeute s’accordent à penser que les objectifs fixés sont atteints, que le patient jouit d’une qualité de vie qui lui convient et qu’il a désormais la capacité interne de la maintenir sans aide thérapeutique.
La psychothérapie pour les enfants et les adolescents se conclut dans les mêmes conditions que pour les adultes, mais les parties qui doivent s’accorder sont au nombre de trois : le patient, les parents et le thérapeute.
Le matériau sur lequel le patient et l’analyste vont travailler pour comprendre ce qui se passe englobe tout ce qui traverse l’esprit du patient (voir le lien Adultes), y compris toutes les idées ou curiosités qu’il peut formuler au sujet de l’analyste.
Ne connaissant pas la situation réelle de l’analyste (mis à part ce qui est légitime qu'il sache sur son parcours professionnel), le patient est libre d’imaginer ou de penser ce qu’il veut, ce qui constitue précisément un matériau supplémentaire à exploiter pour comprendre comment le patient voit et interprète le monde. La manière dont l’esprit du patient organise et définit un stimulus ambigu est révélatrice du fonctionnement de son esprit. Si l’analyste parlait de lui-même, il bloquerait la liberté d’imagination et de fantasme du patient avec une réalité concrète qui réduirait l’ampleur du matériau sur lequel travailler ensemble.
Par ailleurs, il est tout à fait normal qu’un patient nourrisse quelque curiosité au sujet de son analyste. Mais sans réponse directe de sa part, patient et analyste pourront ensemble réfléchir à la signification de cette curiosité concrète et au fantasme élaboré, pour ainsi enrichir leur connaissance du mode de fonctionnement de l’esprit du patient.
Psychiatre : le psychiatre a suivi des études supérieures de médecine, se spécialisant en psychiatrie, discipline qui traite de la prévention, l’évaluation, le diagnostic, le traitement et la réhabilitation des troubles mentaux. En Espagne, les études de spécialité clinique s’intègrent dans le cadre d’un internat national, le MIR, dans un service public de santé mentale. À la différence du psychologue, le psychiatre est un médecin formé pour reconnaître les conditions médicales qui pourraient affecter l’état mental du patient. En tant que médecin, il prescrit les médicaments qu’il juge nécessaires. Il peut, en plus de son activité purement psychiatrique, exercer aussi comme psychothérapeute, après avoir reçu une formation complète et rigoureuse dans l’une des nombreuses écoles de psychothérapie qui existent aujourd’hui.
Psychologue clinicien : le psychologue clinicien a suivi des études supérieures de psychologie, discipline qui étudie les processus mentaux et le comportement des êtres humains et des animaux. Il est spécialisé dans la branche clinique de la psychologie, qui dirige l'étude, le diagnostic stratégique et le traitement des troubles psychologiques dans le but d’améliorer la sensation de bien-être des patients, par la recherche de la connaissance. En Espagne, les études de psychologie clinique s’intègrent dans le cadre d’un internat national, le PIR, dans un service public de santé mentale ou dans le réseau privé de la santé mentale. Le psychologue clinicien a reçu une formation complète et rigoureuse dans l’une des nombreuses écoles de psychothérapie qui existent aujourd’hui.
Psychothérapeute : le psychothérapeute a suivi des études supérieures de psychiatrie, de psychologie, ou parfois dans les métiers du travail social. Il travaille pour soulager la souffrance émotionnelle des patients. Les diverses branches de la psychothérapie sont réparties, essentiellement, en cinq grandes écoles : la psychanalyse, l’approche systémique, l’approche humaniste, la psychologie comportementale, et la psychologie cognitive. Chacune de ces écoles propose un programme de formation dont l’intensité et la profondeur varient.
Psychanalyste : le psychanalyste a suivi des études supérieures de psychiatrie, de psychologie, ou parfois dans d’autres disciplines associées. Il est formé selon la modalité psychothérapeutique appelée psychanalyse. La psychanalyse est une discipline créée par Sigmund Freud (1856-1939) pour aider les patients à découvrir les raisons inconscientes de leurs difficultés et ainsi s’en libérer. La psychanalyse s’est considérablement développée depuis sa création, et il existe aujourd’hui de nombreuses écoles spécialisées dans des aspects très précis du fonctionnement mental.
Le site du Collège officiel des psychologues de Madrid propose sur cette question une information complète (en espagnol).
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